3.1.09

Day 22 - Sukhothai


Aujourd’hui nous avons visité la vieille ville de Sukhothai, les vestiges de la première capitale du Siam, un grand ensemble de temples entourés de lacs et de douves. Très chouette endroit. D’après les conseils du Routard et autres Lonely Planet, nous avons voulu nous balader sur le site à vélo. Andréas derrière Papa et Diane derrière Maman sur un siège mais sans protection pour les jambes, on n’a pas fait 50 mètres que la poupette s’est coincé le pied dans la roue arrière.

Grosse panique le temps de sortir le pied tordu dans les rayons de la roue. Retour à la guesthouse en courant avec Poupette hurlante dans les bras, désinfection et glaçons, finalement elle a « juste » une grosse éraflure et un hématome, une petite entorse mais rien de bien grave. Elle a gagné le droit de passer la journée sur le dos de papa ou dans les bras de maman.


A l’évidence le vélo n’étant pas une bonne idée, une fois Diane calmée on a appelé un samior (à la différence du tuk-tuk là on était devant le conducteur et non pas derrière lui) pour nous balader toute la matinée. Très joli, très agréable.


















Aujourd'hui c'est Andreas qui s'est fait photographier avec/par de nombreux fans, meme des moines.







Je laisse parler les photos avec quelques mots d’histoire et explications:

Les Khmers ont occupé la région jusqu’au début du XIIIe siècle, quand le roi thaï Bang Klang Thao les a chassé de la région et a fondé une dynastie de huit rois qui devait régner 150 ans environ.
La région produisit même un roi de légende, Phra Ruang, fils d’une princesse naga, et qui aurait possédé des dons et pouvoirs surnaturels. Mais c’est Râma le Fort qui fut le grand monarque de la dynastie de Sukhothai, régnant de 1275 à 1317.




Ce fut un monarque éclairé, il créa l’alphabet thaï, établit des relations diplomatiques avec la Chine, qu’il visita par deux fois, instaura le bouddhisme comme religion nationale. Il fit venir des potiers chinois qui créèrent un artisanat florissant faisant la richesse et le renom du royaume. Dans un tel climat favorable, Sukhothai se couvrit de temples, de sculptures.






L’art de Sukhothai venait de naître, produit de cette atmosphère de liberté créatrice et de l’ouverture vers le monde extérieur. Il digéra de façon harmonieuse les traditions artistiques des anciens oppresseurs khmers, les techniques chinoises, l’apport de l’art birman, saupoudré d’influence cinghalaise. Avec ses derniers rois, la civilisation de Sukhothai déclina cependant, tandis que le royaume d’Ayutthaya montait irrésistiblement.




Le nom Sukhothai signifierait « aube » ou « naissance du bonheur » et proviendrait d’un mot sanskrit ou pali (la langue du bouddhisme theravâda). Est-ce un hasard si c’est ici que l’on trouve le célèbre bouddha qui marche, d’une grâce presque précieuse, se dirigeant vers « l’aube du bonheur » ?


Le Bouddha marchant est la première représentation de Bouddha en mouvement.

Wat Mahathat, le plus imposant, réservé à la famille royale.




Wat Sri Sawai, fondé à l’époque de la domination khmère. Un ancien site brahmanique transformé en temple bouddhiste.








Wat Phra Pai Luang, l’un des plus anciens temples de Sukhotai, fondé par les Khmers au XIIe siècle. Y subsiste un prang (brahmanique) quasi intact avec des stucs et sculptures copiés sur ceux d’Angkor.








Main d’un immense bouddha assis de plus de 11m de haut.

Choupi : « J’aime que les temples en or avec Bouddha caché là-dedans »






Le crâne de Bouddha est surmonté d’une longue flamme, symbole le force spirituelle.

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Nous avons passé l’après-midi à jouer dans la piscine de notre guesthouse, une grande maison en teck à la déco très soignée. Puis nous sommes allés voir un spectacle son et lumière dans le parc historique. C’était très bien. On a eu de la chance car ce spectacle a lieu chaque 1er samedi du mois. Demain, direction Lopburi, « la cité des singes ».

Days 18-20: excursion dans les montagnes du nord-ouest, pres de la frontiere birmane

Nous revenons d’une excursion de trois jours dans les montagnes au nord-ouest de Chiang-Mai (d’où le silence sur le blog), des images plein la tête et l’appareil photo, on a du mal à choisir celles à vous montrer.
Le récit sera donc long, soyez patients et allez jusqu’au bout – bonne lecture !
Les choses ont mal commencé pourtant, d’abord en descendant avec armes et bagages nous avons perdu Diane dans l’hôtel Meridien (10 minutes de panique), elle a réussi à descendre seule en ascenseur et est descendue au second au lieu du RDC. Pendant que la sécurité vérifiait les caméras Thomas a commencé à faire les étages un par un et l’a retrouvé. Il a eu de la chance car il y a 22 étages et 6 ascenseurs.
Puis le petit gars que l’agence nous avait trouvé comme chauffeur pour notre excursion avait changé d’avis pendant la nuit. Deux heures de pourparlers avec l’agence, le gars et le père du gars ont suivi, pour finir avec une voiture moins bien (un vrai 4x4 des années 95) mais un chauffeur-guide vraiment très bien, qui connaissait très bien la région, les routes, parlait bien anglais et surtout était très gentil et serviable, c’est grâce à lui qu’on a tant apprécié notre périple. On a gardé ses coordonnées pour ceux que ça interesse.
Enfin partis donc vers midi, nous sommes d’abord montés sur la montagne qui domine Chiang Mai, pour visiter le monastère de Doi Suthep, important centre de pèlerinage.








Occasion pour les enfants de sonner toutes les cloches, et même se cacher sous la graaaaande cloche,



et pour Diane de se faire photographier par/avec de nombreux fans.

C’est à chaque fois les parents des enfants thaï qui voulaient des photos avec Diane, du coup on en prenait aussi.







Nous avons continué avec Wat Chet Yod, un vieux temple du XVe siècle non restauré, que presque personne ne vient voir apparemment, mais qui nous a beaucoup plu, envahi par les herbes et avec de beaux bas-reliefs.




Puis nous sommes partis vers le nord…en direction de la grotte de Chiang Dao d’abord. Sur la route, nous avons eu un premier aperçu des montagnes, avec le 3ème plus haut sommet de Thaïlande (2175m, Doi Chiang Dao, « Ville de l’Etoile ») et des beaux paysages au pied des montagnes.





La grotte-temple, dont voici l’entrée, se visite à la lumière des lampes à pétrole, portées par des guides qui, avec un peu d’imagination, ont baptisé les formations calcaires avec des noms d’animaux et autres objets de la vie de « dehors ».
La visite en elle-même a été assez sportive, car il fallait passer parfois par de tout petits trous ou galeries étroites à quatre pattes, d’une salle à l’autre. Veiller à ce que les enfants ne glissent pas, ne se cognent pas la tête…sportif mais sympa.
Puis on a pris la très sinueuse route de Pai ou on voulait faire étape et où on est arrivés bien après la tombée de la nuit, vue notre départ tardif du matin. On a vite découvert avec stupeur que Pai, en principe un gros bled de 3000 habitants, est un Zakopane ou un Courchevel de la Thaïlande et toute la jeunesse dorée de Chiang Mai et Chiang Rai s’y était donné rendez-vous pour passer une petite semaine de vacances scolaires et fêter le Nouvel An. Embouteillages de gros 4x4, une foule compacte et surtout toute les guesthouses pleines à craquer et nous on n’avait pas de réservation…Le Nouvel An est un élément qu’on n’avait pas pris en compte car on pensait que les Thaïs ne fêtaient que le Nouvel An bouddhiste et n’avait pas besoin de fêter aussi le notre, mais apparemment toute occasion est bonne pour (re-)faire la fête.
Notre chauffeur nous a sortis du pétrin, en nous trouvant une chambre chez un ami. Alors là, ça nous a bien changé du Méridien et autres « resorts », c’était une hutte en bambou couverte de feuilles séchées, et notre chambre était une pièce avec de minces matelas par terre sous une moustiquaire.


Un toit de feuilles est mieux que pas de toit me direz-vous, donc on a pris ça avec philosophie, c’était notre expérience « rustique ». D’ailleurs les enfants n’ont pas vraiment posés de question, et ont vite plongé dans un bon sommeil à côté de papa et maman.



Le lendemain matin on avait RDV pour l’expérience que Diane attendait depuis le début du séjour – presque tous les jours elle nous rappelait qu’on n’a pas « fait de l’éléphant » (on lui avait promis qu’on en ferait après une tentative ratée Hua Hin). 8h30 donc nos pachydermes nous attendaient – un avec siège pour Diane et moi et un à monter « à cru » pour Thomas et Andréas. Avec le siège ça balance plus, assis directement sur le dos de l’éléphant ça fait mal aux cuisses, chacun ses inconvénients. Ceci dit, on a adoré, et les enfants surtout ! Une heure de belle ballade dans la fraîcheur matinale, y inclus dans la rivière. Tous trop contents de l’avoir fait, et Diane qui ne pourra plus dire qu’on n’a pas « fait de l’éléphant ».

Après cette expérience « en hauteur » et un bon petit déj, nous avons continué notre chemin dans les montagnes, avec comme destination la grotte de Tham Lod, grande grotte pleine de chauves-souris traversée par une rivière. Ce qui est chouette c’est que cela se visite sur des radeaux en bambou.
On était assis l’un derrière l’autre sur de tous petits siège, avec notre « éclaireuse » (dame avec la lampe à pétrole) à l’avant et un gars qui un coup ramait, un coup tirait le radeau à contre-courant dans l’eau peu profonde. Monumental et magique à la lumière des petites lampes. Et, entre les dames qui portent la lampe et les messieurs qui s’occupent des radeaux, ça fait travailler tout le village.

Puis on a emprunté un chemin de terre que notre guide connaissait pour aller voir des villages de tribus montagnards, en l’occurrence les Lahu et les Mae Lana. Des villages de maisons toutes simples, souvent sur pilotis (quand il pleut ça ne doit pas rigoler ici), dans un cadre absolument sublime, entre les montagnes.





On a été subjugués par la beauté du paysage.
Il y avait beaucoup d’enfants, qui étaient contents de voir passer du monde. Andréas et Diane (encouragés par nous) leur ont donné des petits jouets/trucs de coloriage dont ils ont bien voulu se séparer.



Nous avons passé la deuxième nuit, qui était aussi celle du Nouvel An, à Mae Hong Son. Cette ville a un beau temple sur le bord d’un petit lac. Le marché de nuit à côté était très animé et il y avait plein de choses appétissantes (et d’autres moins).
Nous avons assisté à une coutume de Nouvel An très sympa. Les gens se rendaient en famille au temple et achetaient aux moines des espèces de grand sacs ou cloches en papiers très fin avec une mèche imbibée de quelque chose qui brule bien en dessous, allumaient la mèche et au bout d’une minute l’air chaud accumulé dans la cloche en papier faisait décoller ce « ballon » de leurs mains portant leurs vœux et souhaits très haut dans le ciel. C’était très joli de voir monter et briller plein de petites lumières dans la nuit.

Le troisième jour, nous avons commencé par aller voir les Karen, tribus de réfugiés birmans, situé juste sur la frontière avec le Myanmar, du côté thaïlandais bien sûr. C’est cette tribu des longs-cous sur laquelle vous avez du voir des reportages, dont les femmes portent des anneaux autour du cou. Le fait que leur cou ne peut pas tenir le poids de la tête sans les anneaux est une légende. Les femmes enlèvent ou changent les anneaux comme elles veulent. Apparemment se sont les côtes et les muscles qui sont déplacés sous le poids des anneaux (c’est assez lourd) et ceux-ci reviennent à leur place initiale si les anneaux ne sont plus portés. Ce que nous avons observé nous c’est que ça déforme surtout l’aspect de la mâchoire, c’est vraiment pas beau.
Les enfants sont encore une fois ceux qui ont bien interagi avec ceux de leur âge. Et nous avons croisé leur médecin, un français qui travaille depuis 20 ans pour des ONG en Thaïlande et fait le tour des villages et camps de réfugiés de cette région frontalière.
Il était temps maintenant pour nous de penser à rentrer vers Chiang Mai. Notre chauffeur/guide, nous a amené sur des raccourcis connu que par lui (et il ne s’est pas gouré une seule fois !) à travers la montagne, un coup des départementales, un coup des chemins pour 4x4 où ça secouait bien (ça remettait les idées en place…). Nous avons vu des rizières, mais la saison seiche n’est pas la saison pour la culture du riz, donc elles n’étaient pas vertes ou inondées, on n’a vu que les terrasses.
Nous sommes montés sur les versants du Doi Inthanon, le plus haut sommet du pays (2590 m) et nous avons découvert deux belles cascades, bien plus impressionnantes que ce que nous avions vu dans les parcs nationaux du sud (ça c’était du bonus de la part de notre guide, dans notre programme initial nous ne pensions pas pouvoir les faire).
Voilà, un très beau tour, fatiguant aussi (les enfants ont été supers !), qui nous a permis de découvrir le paysage de la campagne du nord-ouest.
Après une dernière nuit à Chiang Mai, la journée du 2 janvier a été consacrée au repos le matin, puis au trajet ne bus vers Sukhothai, dont le parc historique est patrimoine de l’UNESCO.